mardi 29 avril 2014

Acheter régional qu'ils disaient!

Stupéfaction d'apprendre la fermeture de l'entreprise Norfruit près de chez moi à Métabetchouan-Lac-à-la-Croix. Un grossiste vieux de 60 ans victime de la centralisation à Montréal du marché des fruits et légumes. Une centralisation qui conduit, par exemple, à l'aberration suivante: un épicier d'ici doit, pour se procurer des patates produites à Saint-Ambroise, les acheter chez un grossiste de Montréal, pour nous les revendre ici ensuite sûrement plus cher et moins fraîches en plus.

Voici une situation absurde qui me laisse méfiante face au discours qui nous incite à acheter régional parce que c'est plus frais dans votre assiette et que ça encourage les producteurs et commerçants du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Si cette situation n'est pas l'exception qui confirme la règle, oublions cela et continuons à acheter régional. Mais je ne serais surprise que ce genre de petite arnaque ne soit que la pointe de l'iceberg. Pendant que je m'évertue à acheter à des producteurs locaux quitte à payer un peu plus cher, combien d'aberrations semblables nous passent sous le nez présentement dans la région? Voilà une autre évidence que la concentration de l'activité économique à Montréal va en s'amplifiant réduisant de ce fait notre marge de manoeuvre en région éloignée.

D'autant que cet inconcevable jeu de va-et-vient entre le Saguenay-Lac-Saint-Jean et Montréal  contribue, sans nul doute, à augmenter les gaz à effet de serre. Quoi qu'il en soit, je continuerai d'acheter régional dans mesure de mes moyens financiers.


Élisabeth Proulx, Métabetchouan-Lac-à-la-Croix. 

lundi 28 avril 2014

L'anglais intensif en 6e: un mythe?

               
En Angleterre, le respectable organisme "National Foundation for Educational Research", après avoir comparé des dizaines de milliers de jeunes Britanniques du primaire en apprentissage intensif d’une deuxième langue, le français en l’occurrence, avec un groupe-témoin, a conclu qu’il valait mieux en retarder l’enseignement jusqu’à un âge où l’enfant est le plus en mesure d"en profiter.

Mais un sondage réalisé par la Fédération des comités de parents du Québec indique que 87% des parents se disent d'accord avec l'anglais intensif en 6e année pour favoriser le bilinguisme de leurs jeunes. Sans compter qu’au cours de la dernière campagne électorale, des applaudissements nourris partout au Québec pour saluer la mesure ont démontré sa grande popularité lorsqu'avancée par le chef libéral, Phillipe Couillard, convaincu qu'il est que le bilinguisme doit se pratiquer jusqu'aux confins des usines. Il n'en fallait pas plus pour que le nouveau ministre de l'Éducation,Yves Bolduc, annonce son intention de concrétiser le projet, qui date de 2011 sous le gouvernement de Jean Charest.

Couac?! L'École Apostolique de Chicoutimi se dotera dès l'automne prochain d'une classe de 6e année enrichie selon une récente dépêche fournie par le journal, Le Progrès-Dimanche de Saguenay. Une 6e enrichie non d'anglais, mais de mathématique et de français, entre autres matières, pour favoriser une meilleure transition du primaire vers le secondaire. Et si le choix de l'école Apostolique, pouvant paraître anachronique aux yeux de certains, avait été guidé par des chiffres émanant de recensements effectués par la Commission scolaire de Lac-Saint-Jean (CSLSJ) et par Statistique Canada sur le taux de bilinguisme chez nos jeunes?

La CSLSJ, qui mène un projet pilote d'enseignement d’anglais intensif depuis 2005, a effectué un recensement en 2011 qui démontre que seulement 10% de ses enfants francophones âgés de 10 à 14 ans sont bilingues. Pas mieux que dans les trois autres commissions scolaires du Saguenay-Lac-Saint-Jean où l'enseignement de l'anglais, qui n’y est pas intensif, montre des taux variant  de 7 à 11%. Alors pourquoi cette insistance à Québec à vouloir absolument que tous les enfants en fin du primaire soient exposés à l'anglais intensif, au détriment de matières comme le français?

D'autres données provenant de Statistique Canada démontrent que ce type de projet constitue un coup d'épée dans l'eau parce que les chiffres recensés à Alma, où plus de 60% des élèves fréquentent la CSLSJ, indiquent un taux de bilinguisme chez les 10-14 ans de 13% en 2001,10% en 2006 et 11% en 2011. À l'évidence, depuis 2005 que l'enseignement de l'anglais intensif est dispensé à la CSLSJ, les résultats ne sont pas meilleurs qu'à l'époque ou l'anglais régulier y était enseigné. Toujours selon Statistique Canada, en 2006, 28% des 15-19 ans étaient bilingues à la CSLSJ, alors qu'en 2011, le taux était de 29%. Ailleurs au Saguenay-Lac-Saint-Jean ces chiffres sont passés de 21 à 27%. Dans d'autres régions en province où il n'y a pas d'anglais intensif en
6 e également, comme dans le Bas-Saint-Laurent, 27% des 15-19 ans sont bilingues; en Mauricie et dans le Centre-du-Québec, c'est 36%. Peut-on alors qualifier d'exceptionnel le niveau de bilinguisme atteint en 2011 par les jeunes francophones du Lac-Saint-Jean?

Dans une chronique récente au Quotidien, Myriam Ségal disait qu'au Lac Saint-Jean, l'anglais intensif se pratique sans heurt depuis 20 ans. Mais sans réel avantage en bout de ligne. Et qui sait si cela ne heurte pas la maîtrise du français? Loin de moi l'idée d'empêcher nos jeunes d'apprendre une deuxième langue, même une troisième, mais l'enseignement de l'anglais intensif au dernier cycle du primaire, de surcroit au détriment du français pour y arriver, n'est pas la solution.

Marcel Lapointe, Jonquière.

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vendredi 25 avril 2014

Vraiment désolant!

Vraiment désolant!

Au cours des deux dernières années selon ma souvenance, la ville de Saguenay s'est vue décerner de fort mauvaises notes par le palmarès des villes canadiennes sur la qualité de vie (indice relatif du bonheur). Mais le maire de Saguenay, Jean Tremblay, n'accorde rien de sérieux à ce type d'évaluation. Voire que du mépris en la qualifiant de niaiserie. Il y a quelques mois, Statistique Canada publiait qu'au chapitre de la gravité des crimes au Québec, notre ville se retrouve deuxième, juste après Montréal. Et voilà que dans un hebdo régional livré récemment, un gros titre nous informe que Saguenay se retrouve en queue de peloton du palmarès des villes les plus vertes du Québec. En des niaiseries, je suppose!

Pour notre premier magistrat, qui veut comparer sa ville avec celle de Sherbrooke, entre autres données du ministère de l'Environnement, du Développement durable  des Parcs et de la Faune, il s'avère qu'un Saguenéen enfouit 292 kg de déchets par année, alors qu'un Sherbrookois en enfouit 190. À mon sens, la procrastination du maire à mettre en place les bacs bruns et les équipements nécessaires au traitement efficace des déchets qui ne sont pas biodégradables n'est pas étrangère à cette sous-performance.

Mais encore, ce qui m'a particulièrement fait sursauter fut d'apprendre de la part de l'Institut de la recherche scientifique qu'en ce qui a trait à la qualité de l'air que nous respirons, nous nous retrouvons, à Saguenay, au 32e rang sur 39 villes et que nos enfants sont parmi ceux qui passent le plus de jours de leur vie dans les hôpitaux pour y soigner des problèmes respiratoires.

Dans une ville de région éloignée comme la nôtre où l'air à respirer devrait être plus sain que celui des grandes villes (c'est ce que l'on laisse entendre aux intéressés à venir s'installer chez nous), où d'importantes entreprises polluantes ont fermé, où les entreprises existantes et les nouvelles doivent se soumettre à des règles de plus en plus strictes en matière de pollution atmosphérique, par exemple, Rio Tinto-Alcan, nous sommes très éloignés de la moyenne des meilleures villes vertes.


Blandine Lapointe-Brassard, Jonquière.

jeudi 24 avril 2014

La clarté s'impose.




Dans le Quotidien du Saguenay-Lac-Saint-Jean récemment, le nouveau chef de l'opposition à l'Assemblée nationale, Stéphane Bédard, a expliqué comment le Parti Québécois entendait faire preuve de clarté envers la population d'ici aux prochaines élections concernant l’option référendaire. Une explication tenant en trois phrases contenues dans deux paragraphes subséquents. Un: pour la prochaine élection, les péquistes devront faire en sorte que la population choisisse d'abord un gouvernement. Deux: pour nous, ce sera un défi de parler avec la population d'autre chose que d'un scrutin. Trois: le but, ce n'est pas de faire un scrutin, mais de faire avancer le Québec. Je crois décoder dans les deuxième et troisième affirmations que monsieur Bédard convie la population à discuter avec le PQ de ce pour quoi il a été fondé à la fin des années soixante: faire l'indépendance du Québec. Mais je trouve que la première phrase nous renvoie encore une fois à la dichotomie voulant que le PQ cherche à se faire élire à titre de bon gouvernement en mettant encore en veilleuse l'article numéro un de son programme: faire l'indépendance. Les péquistes s'ils veulent que la population engage avec eux un franc débat sur l'avenir du Québec, devront se rappeler la leçon de la dernière élection voulant qu'ils ont été battus à cause de l'ambiguïté entretenue autour d'un éventuel référendum sur l'indépendance du Québec.


Gérard Audet, Chicoutimi.

samedi 19 avril 2014

"Tout un plat"!



Une hausse de 60% des entrées au Festival Jazz et Blues, alors que les billets coûtent plus cher d'année en année. Bravo! Mais étonnant quand même. Si des artistes ne se font pas tirer l'oreille pour venir se produire au Festival Jazz et Blues de Saguenay, pour l'artiste de renommée internationale, Madeleine Peyroux, il en sera autrement, j'en suis convaincue. J'ai conversé avec des gens qui, dernièrement, ont assisté à un spectacle du Festival Jazz et Blues, qui ont dit être quand même demeurés jusqu'à la fin par respect pour l'artiste.

 Hier, dans le journal, Le Quotidien de Saguenay, le responsable des communications et de la programmation du festival, Jacques Dubé, a édulcoré ce qui s'est produit, jeudi soir dernier, au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi, durant le spectacle de Madeleine Peyroux. Contrairement à la déclaration de monsieur Dubé au journaliste, Stéphane Bégin, ce n'est pas de critiques dont il s'est agi ce soir-là, mais bien d'un total manque de respect envers une artiste. À moins de faire croire que critique et manque de respect sont synonymes.

Il s'est produit quelque chose d'inusité au cours du concert; du jamais vu en ce qui me concerne depuis que j'assiste à des spectacles. Des spectateurs ont, par dizaine, quitté la salle, même quand la chanteuse s'exécutait, laissant pantois autant l'assistance que la dizaine d'artistes sur scène. La défection fut telle que la salle s'est presque vidée de moitié. Les spectateurs qui ont agi de la sorte ont non seulement manqué de respect envers les artistes, mais également envers les autres spectateurs qui ont été dérangés et gênés. Ces gens, par leur geste, ont terni l'image de l'événement.

Si, comme l'a déclaré, le journaliste, dans son article, la musique jazz et blues réunit de plus en plus de connaisseurs dans la région, en découvrant de nouveaux artistes, ce ne fut pas le cas de Madeleine Peyroux dont le spectacle fut pourtant à la hauteur et davantage rehaussé par la grande qualité des musiciens accompagnateurs.

 Malgré tout, encore longue vie au festival, qui, je l'espère, ne sera plus entaché de si mauvaise façon.


Elisabeth Proulx, Metabetchouan-Lac-à-La-Croix.

Elle méritait mieux.



Avant d'entreprendre son rappel suite à une attente plutôt longue, mais des applaudissements nourris, Madeleine Peyroux a déclaré:"Je reviens pour celles et ceux qui sont restés". Ordinairement, quand vous payez le prix fort pour aller voir un artiste, c'est que vous le connaissez, vous l'appréciez, vous le respectez assez pour l'accompagner jusqu'à la fin de sa prestation. Hier, à la salle de spectacle du Théâtre Banque Nationale à Chicoutimi, suite au concert de l'artiste de renommée mondiale, Madeleine Peyroux, dans le cadre du Festival Jazz et Blues, j'ai subodoré qu'une partie de la foule avait reçu des billets gratuits, comme prime à l'achat de je ne sais trop quoi, et s'était amenée, à la dernière minute, même après l'heure annoncée, pour voir au cas où elle aimerait, sinon...

En tant que tel, le spectacle fut loin d'avoir été "cheap", mais il s'est produit quelque chose de particulièrement "cheap" venant de la foule. J'en fus stupéfaite et très mal à l'aise. Vous savez, cette impression qui vous reste en travers de la gorge: celle d'avoir mal reçu la visite. Ce sentiment qui vous pince le coeur: celui d'avoir rembarré des visiteurs de l'extérieur avec un flagrant manque de respect.

Parce qu'il s'en est donné un tout autre spectacle, celui-là de très mauvais goût, qui en a désolé et indisposé plus d'un, à commencer par les fabuleux artistes sur scène. Incompréhensible, insolent et sûrement très frustrant pour la chanteuse et ses musiciens! Un spectacle qui a eu l'heur de distraire, mais pour les mauvaises raisons, quand une partie de l'assistance s'est mise à quitter la salle par dizaine à la fois, autant durant qu'entre les pièces. À telle enseigne qu'à la fin, la salle était à moitié vide. Je ne sais pas si Madeleine Peyroux, au cours de sa brillante carrière, a vécu une telle déconvenue, mais cela a dû être difficile de poursuivre jusqu'au bout son spectacle. J'ai assisté à de nombreux et différents spectacles dans ma vie, mais c'était la première fois que je voyais de la part d'une foule, un pareil manque de délicatesse.

Odette Chicouine, Chicoutimi.




mardi 15 avril 2014

La propriété du Conseil.

Selon François Saint-Gelais, éditorialiste au Quotidien de Saguenay, le climat prévalant aux séances du conseil municipal de Saguenay a pris une tournure stérile. Pour affirmer pareille chose, je me demande si monsieur Saint-Gelais a déjà assisté à des séances du conseil municipal à Saguenay. Par exemple, avant que le parti d'opposition Équipe du Renouveau Démocratique (ÉRD) ne fasse son apparition sur l'échiquier politique saguenéen. Ou avant l'élection de deux conseillères élues de l'ÉRD. Sinon, avant que d'autres conseillères et conseillers commencent à s'exprimer à la table du conseil. Et, j'ajouterai, fait rarissime depuis que Jean Tremblay est au pouvoir à Saguenay, avant que n'est lieu un vote à main levée (neuf contre et cinq pour). Oui! Croyez-le ou non, cela est survenu au cours de la dernière séance du conseil à Jonquière.

Qualifier cette nouvelle dynamique de néfaste et stérile, comme le fait monsieur Saint-Gelais, c'est parler au travers son chapeau. Autre nouveauté: une pratique démocratique telle une période de temps réservée aux conseillères et aux conseillers pour s'exprimer, faire des propositions et voter, fait maintenant partie des séances du Grand Conseil, parce que l'ÉRD a forcé le maire à appliquer cette règle. Une règle inscrite dans la loi des cités et villes depuis toujours. Un minimum que le maire de Saguenay n'a jamais voulu mettre en pratique! Trop démocratique comme façon de faire! Sans la nouvelle dynamique imposée depuis qu'il existe une opposition élue à la table de conseil, on en serait encore à l'époque du "calme plat", à l'évidence stérile des réunions du conseil municipal.

Mais quel intérêt pouvaient avoir les citoyens d'assister au simulacre de démocratie que furent, jadis, les grands conseils à Saguenay? D'une durée d'environ vingt minutes, prière et congratulations à des citoyens méritants incluses. Évidemment, ce n'est pas là que se réglaient les vraies affaires, mais plutôt lors des séances plénières précédant celles du grand conseil, selon les dires mêmes du maire. Mais de plénières, il n'y en a plus! Jean Tremblay les a fait sauter parce qu'il les trouvait trop acrimonieuses. Mais où donc se règlent, maintenant, les vraies affaires à Saguenay? Dans l'office du maire? Si tel est le cas, l'opposition élue, redevable envers les citoyens, a la responsabilité de dénoncer et faire reculer la concentration du pouvoir entre les mains de quelques individus.

David Falardeau, Chicoutimi.