mercredi 16 janvier 2013

Combien d'eau sous le pont.



                              

D'aucuns soutiennent, dans les milieux bien informés, que si Québec passe une loi pour nous permettre de mourir dans la dignité, le fédéral a le pouvoir de lui mettre les bois dans les roues. Certes, mais ce n'est pas une raison pour demeurer les bras croisés. Ce qu'a refusé de faire le gouvernement du Québec depuis deux ans.

Sur le droit d'invoquer son autonomie pour mettre fin à ses jours, il y a eu une commission spéciale nommée: Mourir dans la dignité qui dura plusieurs mois en 2011-2012. La dite-commission, en mars 2012, a débouché sur une série de recommandations encadrant le droit de choisir quand et comment mourir. Bientôt, un projet de loi sera déposé à l'Assemblée Nationale; on parle du mois de juin prochain. On peut donc espérer qu'au plus tard l'automne prochain, la loi québécoise autorisera un malade qui désire mourir de recourir à l'aide médicale indispensable pour ce faire. Mais attention, il y a un os: le fédéral.

 Le Canada est un pays où le code criminel interdit l'euthanasie et le suicide assisté. Le Québec, même s'il n'a toujours pas ratifié la constitution canadienne de 82, est, en tant que province assujetti aux lois canadiennes. L'interdiction s'adresse particulièrement aux médecins. Le gouvernement conservateur de Stephen Harper n'entend pas laisser les provinces agir à leur guise sur cette épineuse question. À tel enseigne, que le  gouvernement fédéral conteste devant la Cour suprême un jugement d'une cour de Colombie Britanique en faveur d'une femme atteinte de la maladie de Lou-Gehrig voulant mettre fin à ses jours.

Malgré une loi québécoise sur le droit de mourir dans la dignité, mais face au gouvernement fédéral qui ne voudra jamais faire de passe-droit au Québec, de crainte que cela ne "contamine" les autres provinces, je vois mal comment un médecin risquera une accusation au criminel en prenant une décision déterminante autant pour sa vie future que pour celle de son patient.

Moult exemples peuvent en témoigner: briser un tabou fondé, avant tout, sur des croyances religieuses constitue un défi de taille. Surtout celui voulant que seul Dieu a droit de vie ou de mort sur l'humain. Ce sera long, mais la loi Mourir dans la dignité sera un pas dans la bonne direction. Malgré les embuches qui se dresseront sur son parcours, elle finira bien par faire son chemin ailleurs dans le pays. Question de bon sens.

En attendant, il faudra, pour pallier l'assujétissement de nos lois à celles du fédéral, à moins que vienne, un jour, la libération que les médecins continuent, dans la "clandestinité", à faire preuve d'humanité envers des malades aux prises avec d'intolérables souffrances.

Odette Chicoine, Chicoutimi.

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